29.01.2008
Société Générale

Mardi 29 janvier 2008, 13h14
AFP
La pression montait mardi sur le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton , mis en cause par plusieurs dirigeants politiques, alors que les plaintes pour délit d'initié se multiplient de la part des petits actionnaires. Evènement
L'action Société Générale remontait mardi, alors que Credit Suisse passait en revue les différents prétendants dans l'hypothèse où la banque française perdrait son indépendance.
A 10H24 (9H24 GMT), l'action reprenait 2,46% à 72,80 euros, dans un marché parisien en hausse de 1,41%. Depuis la révélation de pertes gigantesques le 24 janvier, elle a reculé de 8%, et depuis le début du mois de 26%.
Le trader Jérôme Kerviel , accusé d'avoir fait perdre 4,82 milliards d'euros à la banque, a été mis en examen lundi soir notamment pour "abus de confiance", "faux et usage de faux" et laissé en liberté sous contrôle judiciaire, contre l'avis du parquet.
La pression s'est aussitôt déplacée sur le PDG de la banque. Le président Nicolas Sarkozy a lancé la charge lundi soir, estimant qu'une telle crise ne pouvait "pas rester sans conséquences". "On est dans un système où, quand on a une forte rémunération qui est sans doute légitime, et qu'il y a un fort problème, on ne peut pas s'exonérer des responsabilités", a-t-il affirmé.
La ministre de la Justice Rachida Dati a abondé dans ce sens mardi, en déclarant que la responsabilité de M. Bouton pouvait "être engagée".La ministre de l'Economie Christine Lagarde a été plus prudente, affirmant qu'il revenait "aux administrateurs" de décider du maintien ou non de Daniel Bouton à son poste, tandis que pour la députée PS Elisabeth Guigou, "dans l'immédiat, il ne faut rien faire qui fragilise la Société Générale".
Aux Etats-Unis, les PDG de Citigroup et Merrill Lynch avaient été poussés à la démission cet automne après l'annonce de milliards de pertes liés au "subprime".
"L'impunité des principaux dirigeants, maintenus dans leurs fonctions par un conseil d'administration bienveillant, suscite l'étonnement, sinon plus, y compris dans les plus hautes sphères de l'Etat", écrit La Tribune. Plus sévère, dans Sud Ouest, Frank De Bondt estime que M. Bouton est "un président formidablement ridicule, ou relativement incompétent".
Daniel Bouton, 57 ans, à la tête de la banque depuis 1997, avait présenté la semaine dernière sa démission au conseil d'administration. Ce dernier l'avait refusée, lui donnant pour mandat de "remettre le groupe sur la voie de la croissance rentable". M. Bouton a affirmé lundi que sa démission était toujours sur la table.
Un conseil d'administration "ordinaire", "prévu de longue date", doit se tenir mercredi, a-t-on appris auprès d'un administrateur. L'ordre du jour n'a pas été précisé.
Depuis que l'AMF a indiqué lundi qu'un des administrateurs de la banque avait vendu ses propres actions Société Générale le 9 janvier, les soupçons de délit d'initié se rajoutent aux critiques sur le management.
Dans un autre avis mardi, l'AMF a révélé que cet administrateur, Robert Day, avait cédé de nouveau pour plus de 40,5 millions d'euros le 18 janvier, le jour précisément où les premiers soupçons de "fraude" sont apparus.
Après plusieurs centaines d'actionnaires lundi, l'Association des actionnaires minoritaires (Adam) a demandé à l'Autorité des marchés financiers (AMF) l'ouverture d'une enquête pour informations trompeuses et sur d'"éventuelles opérations d'initié".
La Société Générale a indiqué que M. Day, comme les autres membres du conseil, "n'était pas informé des pertes de trading de J. Kerviel" avant de vendre ses actions.Les dépréciations de 2 milliards au titre de son exposition aux "subprime" et les pertes liées à la fraude "ont été communiquées au conseil le 20 janvier", a-t-elle précisé.
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